GAD BENSALEM 
Un regard plus au sud

Située au cœur de l’Océan indien, l’ile de la Réunion est riche d’une culture puisée à la source des territoires qui l’entourent. Son nom raconte son histoire, marquée dès la prime occupation de ses terres, par un brassage de peuples malgaches, européens, asiatiques, indonésiens, africains. 

 

Réunionnaise, la compagnie Karanbolaz l’est de ce façonnage là. Raison pour laquelle l’opportunité d’un premier compagnonnage nous fait naturellement porter le regard vers l’ouest, vers Madagascar, vers cette grande île qui offrit à la Réunion ses premiers enfants.

 

Le projet associatif de la compagnie défend l’éclectisme, la parole plurielle, la dissonance des voix : aussi, c’est avec un artiste malgache, issu de la jeune et prometteuse scène slam, Gad Bensalem, que nous souhaitons nous engager dans ce dispositif d’accompagnement et d’échange.  Entre deux pays frontalier – n’était-ce que cette portion d’océan qui nous sépare – l’enjeu est aussi de privilégier la coopération régionale pour que notre petite ile respire plus large, plus profond, plus loin. 

Sergio Grondin

Directeur artistique

BIOGRAPHIE

Gad Bensalem, de son vrai nom RAKOTOMANGA Tokiniaina, fait ses débuts dans le slam-poésie en 2009 à l’Ecole Normale Supérieure d’Antananarivo (Madagascar) où il suit des études de lettres françaises. La même année, il rencontre la Compagnie Miangaly Théâtre et en devient membre actif en 2012. Ce jeune poète-slameur et comédien a pu se produire sur plusieurs scènes et festivals aussi bien à Madagascar qu’à l’étranger (France, Maurice, Belgique, Suisse, Allemagne, etc). Il  est élu président de l’association Madagaslam pour l’année 2014 et représente ainsi Madagascar à la coupe de la Ligue Slam de France (Rennes) où il rencontre Marc Kelly Smith, fondateur du mouvement slam-poésie. En 2015, il est sélectionné pour jouer dans la pièce Antigone La Peste (mise en scène de Jean-François Peyret) à l’Institut Français de Madagascar, aux côtés de comédiens de renom. A la fin de l’année 2016, il écrit son premier spectacle solo intitulé Antananarivo - Ligne 11. Cette pièce inspirera la création d’un autre spectacle - Naïf - qui sera monté et joué en collaboration avec Judith Manantenasoa, danseuse et chorégraphe. Gad Bensalem est actuellement en compagnonnage avec la Compagnie Karanbolaz basée à La Réunion et dirigée par Sergio Grondin.

 

AOMBY - Le projet

L’envie de monter cette nouvelle pièce est née de ma fascination pour la musique kilalake dont l’origine serait liée à la danse pratiquée par les bandits du sud de Madagascar, les malaso. La légende raconte que ces derniers ont inventé cette danse pour brouiller leurs pistes, pour effacer toutes traces de leur passage avec les zébus volés.

Aomby (titre provisoire) est un travail de création sur la survivance et la résilience, sur les raisons et les manières de se battre pour vivre ou tout simplement pour rester en vie. A l’heure où les malaso - à l’image de Remenabila - sont à la fois bourreaux dans les villages et héros dans les jeux vidéos, les questions de la tradition et de la mondialisation se posent plus que jamais à Madagascar.   Aomby essaie de dépeindre cette réalité à travers un personnage qui fait de ses questionnements une quête presque obsessionnelle.  En filigrane, elle fait aussi le portrait d’un pays au paradoxe éternel : une extrême pauvreté sur fond de richesse démesurée.

Aomby est un projet qui se veut pluridisciplinaire entre le récit, le documentaire et la musique. Une épopée rythmée dans les savanes du grand sud de Madagascar.

 

Gad Bensalem